lundi 25 janvier 2016

Des arbres avec et sans racines

Les arborescences sont omniprésentes dans les systèmes d'organisation et de représentation de nos connaissances. Classifications, taxonomies, ontologies, thésaurus, répertoires adoptent cette structure familière et intuitive. Pourtant à y bien regarder il ne s'agit pas vraiment d'arbres la plupart du temps, mais plutôt de branches coupées et ficelées en fagots, car il leur manque quelque chose d'essentiel à un arbre digne de ce nom, à savoir des racines.
Pourtant si on remonte à de très anciennes représentations de la connaissance, on trouve des arbres bien enracinés, comme cet Arbor Scientiae de Raymond Lulle, datant de la fin du 13ème siècle.


Mais en 1751 dans le Discours préliminaire de l'Encyclopédie, d'Alembert propose ce système figuré des connaissances humaines, un arbre sans racines, se lisant de gauche à droite et de haut en bas, semblable à nos modernes classifications et taxonomies.


Est-ce le passage d'un Moyen-Âge supposé obscur à un siècle dit des lumières qui fait qu'on ne regarde plus que vers le ciel, et qu'on ne voit plus des arbres que ce qui pousse au-dessus du sol, ignorant l'importance de leur travail souterrain?